Amani https://www.positivislam.ch Mon, 26 Aug 2025 09:07:05 +0000 Joomla! - Open Source Content Management en-gb Les doutes et le sens https://www.positivislam.ch/positivwriting/les-doutes-et-le-sens https://www.positivislam.ch/positivwriting/les-doutes-et-le-sens Les doutes et le sens

Dans mon éducation, mon entourage et ma communauté, lorsque j’étais plus jeune, la priorité était donnée à l’aspect pratique et extérieur. Bien faire ses 5 prières, en insistant sur des détails concernant la gestuelle et en faisant également des prières surérogatoires, savoir réciter le plus de textes du coran possible même lorsque l’on n’est pas arabophone, ne pas faire ce qui n’est pas permis (boire de l’alcool, vivre une relation avec une personne du sexe opposé hors mariage etc.), jeûner le mois du ramadan et même jeûner en d’autres occasions… Malheureusement, cet accent mécanique m’a amenée à un automatisme dans ma pratique sans lui donner de sens, ni de réflexion. Certains musulmans, bien souvent n’ayant pas même des connaissances approfondies de l’islam, ajoutaient même des interdits divers et variés sans même leur donner de raison, de signification ou de source.

J’entre de ce fait en un certain désaccord avec la manière dont on m’a enseigné l’islam. Je dirais même que, souvent, ça m’a complétement rebutée de la pratique et éloignée du sens et de la finalité que je donne à la religion, à savoir, s’améliorer constamment et avoir un bon comportement.

Le doute

D’après moi, la remise en question fait partie intégrante de la foi en Dieu. Je ne pense pas que l’on puisse croire en Dieu sans jamais remettre en question son existence. Je pense que pour avoir la foi, pour croire, il faut justement douter à certains moments – sinon, on est trop aveuglé par ses émotions et ses passions, ce qui mène à des dérives. Le Prophète Mouhammad n’a-t-il pas douté lui-même en ayant eu la Révélation alors même qu’il avait vu l’ange Gabriel et entendu des versets du coran, se croyant devenu fou ?

C’est difficile d’exprimer ses incertitudes par des mots. J’ai d’ailleurs de la peine à écrire à ce sujet tellement d’idées se bousculent dans ma tête. J’en ai presque un sentiment de gêne car ça touche à une partie intime de ma personnalité.

Lorsque je me retrouve seule, à aller me promener, à lire ou réfléchir dans mon coin sans personne autour de moi, sans séries ou émissions pour me distraire, c’est là que je me sens le plus proche de Dieu, que son Existence s’impose à moi comme une évidence. C’est quand je vois la beauté de la nature : les arbres, les différentes formes de feuilles, que je croise un chien qui court ou un chat qui vient ronronner à mes pieds, des canards qui voguent tranquillement sur le lac que je sens une Présence supérieure qui est à l’origine de toute cette splendeur. Ces moments ne sont pas faits de doutes mais de confiance et de sérénité et où j’ai besoin d’être au plus proche de ma foi.

Des valeurs et des gens

En ayant étudié ma religion, j’y ai trouvé des principes et des valeurs auxquels j’adhère et que je trouve magnifiques mais très exigeants tant ils touchent à quasi tous les aspects du quotidien que ce soit au niveau extérieur, dans la pratique, ou au niveau intérieur des intentions et des pensées : la paix, la dignité, la spiritualité, la solitude, la liberté, l'humilité, la maîtrise, la responsabilité, la tempérance, la douceur, le bien-être, la patience, le courage, la compassion, la famille, le voisinage, la justice, la générosité, la fraternité, la solidarité, le sacrifice, le respect, le pardon, la pudeur, la politesse. Tant de valeurs à développer, à analyser et à mettre en pratique.

Ces connaissances et cette vision de ma religion m’ont amenée à partir du principe que tout musulman partage ces mêmes principes, ce qui en ferait des individus extrêmement moraux. Vision bien simpliste et naïve qui m’a valu de violentes déceptions au fil des années. Combien de jugements, de rejets, de médisances, de leçons morales sans fin, de jalousie j’y ai trouvés. La déception s’est vite transformée en haine contre ma communauté et en doutes quant aux enseignements que l’on m’a inculqués et quant à la manière de pratiquer et d’appréhender l’islam.

Aujourd’hui, en prenant du recul, j’ai compris une chose qui paraît pourtant tellement évidente : des bons et des mauvais, il y en a partout…. Ou plutôt je dirais : des bons et des mauvais actes sont perpétués partout, qu’ils le soient au nom de la religion, de l’argent, de privilèges acquis, d’une vengeance, de la jalousie ou autre. Au final, ils sont présents peu importe où l’on va et c’est à chacun de trouver les ressources nécessaires pour y faire face et ne pas soi-même faire du mal à autrui.

Le sens

Donc… où est le sens ? Pour ma part, il est dans la quête de développer mes qualités et d’amoindrir le plus possible mes défauts. Il est dans ma conviction que je dois contribuer à la société dans son ensemble et non seulement au sein d’une communauté en particulier. Il est dans ma relation à Dieu, que je considère comme mon Guide, mon Créateur, mon Confident. Il est aussi dans les valeurs que je porte et dans ma relation aux
autres : dans le respect que j’essaie de leur porter, dans la politesse et les services que je peux rendre. Il est également dans ma certitude que des personnes me feront du mal mais que je devrai trouver la force en moi d’y faire face et que je subirai des épreuves tout au long de ma vie mais que ça passera et que de nombreux moments de joies, d’amour et sérénité se produiront encore.

Bien sûr, c’est une vision idéale et en pratique ce n’est pas aisé à appliquer. Je suis loin d’être parfaite ou d’y parvenir et il y a des moments où je perds le courage. Mais j’essaie et je pense que c’est ce qui fait toute la différence même lorsqu’on n’atteint pas le but final. Pour moi, le cheminement est clairement plus important que l’arrivée. C’est ce qui nous façonne et façonne nos actes. Quoi qu’il arrive on a tous et on aura toujours tous des démons contre lesquels il faudra lutter.

Prendre son chemin

La vie est parfois loin d’être facile. Entre les échecs, la perte d’un être cher, un événement traumatisant, les peines de cœur et le mal que l’on peut subir d’autrui, la vie a pour tout un chacun des épreuves en réserve. Chacun a sa manière de surmonter ces obstacles ou parfois n’en a justement pas et les conséquences peuvent être désastreuses. Personnellement, c’est ma foi qui m’aide à avancer. Ma foi en Dieu. C’est à travers Lui que j’arrive à ne pas perdre espoir, à avoir du courage, à continuer d’essayer lorsque j’échoue et à donner un sens à ma vie. Chaque jour j’essaie de garder en mémoire que le jour viendra où je devrais rendre des compte sur ma vie passée ici-bas.

J’ai des désaccords avec de nombreuses opinions fondées sur l’islam mais j’ai fait mon propre cheminement dans ma foi et je pense que chacun doit l’entreprendre en restant ouvert aux autres mais surtout en menant ses propres recherches, en questionnant, en critiquant, en réfléchissant. Je crois qu’aujourd’hui plus que jamais il est important de laisser chacun libre de ses choix, de ses croyances et dans sa manière de pratiquer ou non une quelconque religion.

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Writing Tue, 06 Nov 2025 09:55:49 +0000
Des musulmans et un islam? https://www.positivislam.ch/positivwriting/des-musulmans-et-un-islam https://www.positivislam.ch/positivwriting/des-musulmans-et-un-islam Des musulmans et un islam?

Il y a beaucoup à dire au sujet de l’islam. Cette religion englobe tellement d’aspects de la vie d’un croyant que j’ai envie de vous la présenter par rapport à mon point de vue, en toute sincérité, loin des clichés et d’une actualité mouvementée.

Je pense que de grandir dans la foi musulmane amène une certaine complexité au quotidien. Il y a certes la foi et les convictions intimes d’une part, mais il y a également des influences extérieures qui peuvent venir soit de la famille, soit de la communauté musulmane si on la fréquente de manière régulière, soit des savants (« spécialistes de l’islam ») dont on suit l’enseignement. Lorsque ces sphères entrent en collision, cela peut vite amener des conflits avec soi-même, comme avec les autres.

Il est important de comprendre que la foi et la pratique d’un musulman diffèrent énormément d’une personne à une autre. Origine géographique des générations précédentes ou de soi-même, courants auxquels on se rattache (sunnite, chiite, une école juridique en particulier, etc.) ou non, enfance passée en Suisse ou ailleurs, éducation reçue, personnalité et caractère… Tous ces facteurs influencent le rapport à la religion que l’on entretient et créent une diversité au sein des musulmans qui n’est pas négligeable. Avec ce constat les questions suivantes se posent : qu’est-ce que partagent les musulmans au sein d’une telle diversité ? Et est-il possible de parler d’« un » islam ?

Ce en quoi je crois

A priori on retrouve dans tous les courants et traditions divers au sein de l’islam, les 6 articles de la foi. 1) L’existence d’un Dieu unique, créateur de l’Univers qui est le principe fondateur de 2) Croire en l’existence des Anges et ainsi reconnaitre que l’humain n’est pas seul dans le cosmos. 3) Reconnaître l’existence des Livres sacrés qui ont précédés le Coran : la Torah, l’Evangile, les psaumes de David et d’autres encore. 4) Reconnaître tous les Prophètes (de Adam, Noé, Abraham à Moïse, Jésus, Muhammad etc.), 25 étant mentionnés dans le Coran avec la précision que davantage, inconnus, ont été régulièrement envoyés aux peuples du monde. Ce principe instaure l’idée que Dieu a en tout temps envoyé des rappels à sa création par l’intermédiaire d’humains dépourvus d’attributs divins et qui ne sont pas sacralisés, afin de se rapprocher de Lui. Ils restent des humains pour lesquels on a bien sûr une très grande - affection, particulièrement Muhammad, le dernier des envoyés et qui a achevé le cycle des prophéties - mais qui sont avant tout des exemples, des sources d’apprentissage quant au comportement et des rappels de l’existence de Dieu. Personnellement je porte un grand attachement à Moïse qui me touche tout particulièrement de par sa patience, ses craintes et son parcours. 5) L’avant dernier article est croire au jugement dernier. « Quiconque aura alors fait le poids d’un atome de bien le verra et quiconque aura commis le poids d’un atome de mal le verra » (Sourate 99, 7-8). Il faudra donc rendre des comptes sur sa gestion du temps, son comportement envers autrui et envers la Création (la nature et les animaux). Ce pilier rappelle également que le passage sur Terre n’est qu’une étape et que malgré les péchés commis, il ne faut jamais désespérer de la Clémence de Dieu tout au long de sa vie, en expiant ses fautes par de bons actes et en demandant constamment pardon. Par ailleurs, chaque Sourate du Coran commence en ces mots : « Au nom de Dieu le tout Clément, le Miséricordieux ». 6) Le dernier article concerne le Destin. Je ne peux pas vous expliquer cet article car j’ai moi-même du mal à le comprendre. Il y a par ailleurs de grands débats entre musulmans sur cette question. Mais il fait partie des 6 piliers de la foi dans tous les cas.

Mise en pratique

Au niveau de la pratique se retrouve l’idée de 5 piliers admis par la majorité des musulmans. Le premier étant l’attestation de la foi qui est la traduction en acte (paroles et intention) de 2 piliers de la foi : la croyance en un Dieu unique et celui concernant l’envoi de messagers : « j’atteste que Dieu n’est qu’un et que Muhammad est son messager » (la formulation peut varier en français mais il n’y en a qu’une en arabe). C’est par ces mots et avec l’intention qui l’accompagne que l’on se convertit et que l’on devient un musulman. Cette phrase seule justifie de l’adhérence d’une personne à l’islam.

Vient ensuite la prière. Il y en a 5 par jour quelle que soit la tradition. Mentionnée dans le Coran à de nombreuses reprises, la gestuelle est quant à elle tirée de la tradition prophétique (exemple de Muhammad) et peut varier dans les détails d’un courant à l’autre.

Le troisième pilier est l’aumône dont je ne saurais expliquer le fonctionnement exact mais qui comprend le versement d’une certaine somme à des personnes démunies. Cette somme est calculée selon un certain pourcentage et déduit du revenu du musulman, selon les besoins de première nécessité.

Le quatrième pilier est le jeûne durant le mois de ramadan. D’une durée de 29 à 30 jours, ce mois est considéré comme étant béni et sacré. Il est le mois par excellence qui invite aux bonnes actions, au bon comportement, à la spiritualité et à se rapprocher de Dieu.

Enfin, le dernier pilier est le pèlerinage à effectuer une fois dans sa vie à la Mecque si on en a la capacité physique et financière. Il résume toute à la foi du musulman et tous les piliers par l’ensemble des rituels à effectuer sous la forme d’un voyage.

Je reviendrais dans des autres articles sur le blog sur ma manière de vivre au quotidien la mise en pratique de ces piliers qui demande beaucoup d’effort, d’organisation et de patience.

Des musulmans et un islam

On remarque donc que l’on retrouve tout de même des bases communes quel que soit le courant suivi ou la provenance géographique du croyant et malgré des divergences sur certains points (manière de prier, la question du destin, la question de l’aumône, etc.) Je ne saurais lister et expliquer toutes les divergences et ce qu’elles impliquent, n’étant pas une spécialiste du domaine mais je ne pense pas que l’on puisse parler de « des islam » car il y a bel et bien une base commune qui permet de tracer un certain cadre. Mais les pratiques et les convictions de chaque musulman sont tellement différentes et variées que l’on ne peut se fier à un cas particulier, il n’y a pas de musulman « type ».

Je n’ai ici pas abordé les valeurs et les interdits mis en avant par le Coran. Je n’aime pas parler d’interdits car dans ma manière de vivre ma religion, j’adhère à une certaine éthique de vie, une manière de vivre et non comme une liste de choses que je ne dois pas faire au quotidien. Je me suis souvent perdu dans des discours trop moralisateur avec des interdits à non plus finir.

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Writing Thu, 20 Sep 2025 09:08:01 +0000